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Texte par Alain Rayes

Parc éolien Arthabaska

durée 5 mai 2023 | 04h00

C’est un bon projet pour l’environnement, un bon projet pour le manque d’énergie qui se pointe et un super projet pour l’économie et les contribuables de la région

La MRC d’Arthabaska et Boralex envisagent actuellement l’implantation d’un parc éolien sur le territoire. J’appuie totalement l’idée qui est des plus bénéfiques.

Pour cause, il contribuera à la réduction des gaz à effet de serre et à la limitation du réchauffement climatique, favorisera la production d’énergie verte pour pallier le manque d’énergie hydroélectrique annoncé par Hydro-Québec et participera substantiellement à l’économie régionale.

C’est un projet majeur. Toutefois, comme il s’agit d’un projet d’un genre nouveau, tout le monde n’a pas les mêmes préoccupations. Certains sont rassurés, d’autres plus inquiets. Dans le cas présent, les voix qui s’opposent parlent de l’impact sur le paysage et sur la superficie du territoire agricole (à noter, au sujet du territoire agricole, que la MRC et Boralex se sont donné l’objectif de zéro perte nette de territoires agricoles et forestiers). Ces préoccupations sont légitimes et doivent être écoutées et respectées, j’en conviens.

Il n’en demeure pas moins que le parc éolien Arthabaska représente un formidable projet de société qui a le très grand mérite de répondre aux enjeux de l’urgence climatique, du manque émergent d’électricité renouvelable et aux pressions fiscales que subissent les contribuables et les municipalités.

La transition énergétique n’est pas un choix, mais une obligation

On ne peut l’ignorer sans manquer, individuellement et collectivement, à nos responsabilités vis-à-vis de nos propres enfants et de leur avenir : les changements climatiques en cours nous menacent tous et toutes.

Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU) n’en finit pas de sonner l’alarme en indiquant que les changements climatiques mettent la planète sous pression. Au moment de l’Accord de Paris en 2015, l’objectif que s’est donné le monde pour limiter la hausse du réchauffement climatique est d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

C’est précisément l’objectif que s’est donné le Québec, qui souhaite éliminer ou compenser d’ici cette date le recours aux énergies fossiles, responsables des trois quarts des gaz à effet de serre. C’est aussi, parmi d’autres, l’objectif des producteurs laitier du Canada. À titre d’information, la carboneutralité signifie que notre économie n’émet plus de gaz à effet de serre ou compense ses émissions.

En deux mots, ce que nous dit l’ONU,  c’est que la transition énergétique n’est pas un choix, mais une obligation. Elle constitue l’un des plus grands défis auxquels l’humanité a été confrontée à ce jour.

Le manque d’énergie renouvelable à venir à partir de 2027

Il y a une autre réalité que je veux souligner et qu’on ne peut ignorer quand on considère les projets éoliens : l’épuisement de nos surplus électriques.

Avec nos barrages, la plupart d’entre nous ont cru que le Québec était à l’abri d’un manque d’approvisionnement en énergie électrique renouvelable ; ce n’est pas le cas. Ainsi, selon les données d’Hydro-Québec, les surplus disponibles auront totalement disparu d’ici 2027. Et dès 2029, la société d’État devra trouver de nouveaux approvisionnements. C’est précisément ce qui l’amène à se tourner vers la production d’énergie éolienne, plus rapide que les barrages à mettre en place et moins coûteuse que ceux-ci et, par ailleurs, plus efficace et moins envahissante, en termes d’espace exigible, que l’énergie solaire.

La croissance naturelle de la population et de l’économie ainsi que l’émergence de nouveaux secteurs d’activité tels les centres de données ou la production d’hydrogène vert expliquent cette situation, qui n’est pas près de se résorber. Au contraire, pour décarboner le Québec, il faudra à Hydro-Québec 100 térawattheures de plus d’ici 2050. C’est un autre défi de taille pour notre société.

300 millions de dollars de retombées économiques directes : portrait

Un dernier mot au sujet des retombées financières. La Fédération québécoise des municipalités, qui regroupe plus de 1000 municipalité et MRC, voit dans la filière éolienne, et nous citons, « d’immenses retombées » et recommande donc fortement aux municipalités et aux MRC de participer au développement de l’énergie éolienne en devenant partenaires des projets sur leur territoire.

Pour la région, sur 30 ans, on parle d’argent direct, quelque 220 millions de dollars, qui entrerait dans les caisses des municipalités concernées et de la MRC, qui souhaite devenir partenaire. À cela il faut ajouter quelque 80 millions que toucheraient les agriculteurs participants ainsi que les emplois temporaires et permanents qui seraient créés dans le cadre du projet. C’est une manne inespérée pour alléger le fardeau fiscal des contribuables de la région.

Et au sujet du paysage

Je n’allais pas terminer cette lettre sans revenir sur l’impact visuel des éoliennes dans un paysage. Tout est affaire de subjectivité ici. J’ai toutefois eu la chance de prendre connaissance du rapport de suivi (2019) du parc éolien Pierre-De Saurel, projet situé en Montérégie et, tout comme le projet Arthabaska, en terres agricoles où croissent de grandes cultures de types maïs et soya. Cent quatre-vingt-trois personnes ont participé au sondage. Le sondage interrogeait les gens sur la perception qu’ils avaient avant et après la construction du parc éolien. Voici ce que j’en ai retenu :

  • De façon générale, pour les répondants, la présence des éoliennes a contribué à l’amélioration de la perception qu’ils avaient, avant la construction, à l’égard de l’intégration des éoliennes dans le paysage.
  • 58 % des répondants avaient une perception positive (bonne ou très bonne) après la construction du parc contre 33 % avant la construction.
  • 28 % étaient indifférents.
  • Au total donc, 86 % des répondants avaient, à la fin de la construction, une très bonne ou une bonne perception du parc ou y étaient indifférents
  • À l’opposé le nombre d’opposants qui avaient une perception négative du projet avant sa construction a chuté de 22 % à 14 %.

En conclusion

Il y a maintenant plus de 15 ans que j’évolue en politique et que je représente à un niveau ou un autre mes concitoyens et mes concitoyennes. Et pendant tout ce temps, je n’ai jamais cessé d’être interpellé au sujet de la crise environnementale et plus encore aujourd’hui alors qu’on est à même de constater ces changements et leur effet néfaste sur notre qualité de vie.

Les gens sont de plus en plus anxieux face à la détérioration de notre climat, avec raison d’ailleurs et on ne peut l’ignorer. Dès lors, tous et toutes, nous avons une responsabilité sociale face à ce qui arrive. Nos intérêts personnels ne peuvent pas, ne doivent plus avoir préséance sur l’intérêt collectif. Nous sommes tenus, individuellement et collectivement, d’assumer nos responsabilités vis-à-vis de nos propres enfants et de leur avenir : les changements climatiques en cours nous menacent tous et toutes et eux encore davantage.

L’énergie éolienne est un des moyens pour lutter contre les changements climatiques. Tout le monde doit faire sa part ; nous devons faire la nôtre. Pour moi, le parc éolien Arthabaska est un bon projet, pour le climat, pour nos enfants, pour notre avenir, et je l’appuie totalement.

 

 

Alain Rayes

Député fédéral de la circonscription Richmond Arthabaska

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